• Transport. Plus de 15 000 abonnés au réseau qui propose des bicyclettes en ville pour 1 euro.

    Par Olivier BERTRAND jeudi 11 août 2005 - Libération

    Les Lyonnais sont tombés amoureux de Vélo'V (prononcer vé-love). Il ne leur a pas fallu trois mois. Un vrai coup de foudre. Ce réseau de 90 stations permet d'emprunter un vélo n'importe où dans la ville et de le reposer ailleurs. Il a été inauguré le 19 mai et compte déjà plus de 15 000 abonnés. L'engouement se vérifie dans les rues, où l'on croise en permanence ces engins reconnaissables à leur cadre épais, leur garde-boue rouge et leur panier sur le guidon. Jusqu'à 6 500 de ces vélos sont utilisés certains jours, pour se rendre au travail, à un rendez-vous, au restaurant, au cinéma, au marché... La société Decaux, qui gère le service, a demandé à ses employés chargés du réassort de travailler jusqu'à minuit, afin qu'il y ait toujours des vélos disponibles dans chacune des stations.

    (1) Le Grand Lyon est géré par un président socialiste, Gérard Collomb, avec une majorité d'ouverture.
    (2) L'abonnement coûte 1 euro pour la semaine, 5 euros pour l'année, puis chaque emprunt est facturé 1 euro l'heure, mais la première demi-heure est gratuite (90 % des emprunts sont pour l'instant inférieurs à 30 minutes).

    Simplicité. «Nous sommes passés très vite du phénomène de curiosité à un vrai mode de déplacement urbain et pendulaire», se réjouit Gilles Vesco, vice-président (UDF) du Grand Lyon (1), délégué aux nouvelles utilisations de l'espace public. Selon lui, «le Vélo'V accompagne un changement culturel que l'on pourrait appeler l'individualisme collectif. Chacun choisit de façon autonome sa destination, ses horaires et sa trajectoire, mais utilise un moyen de transport de la collectivité, et respectueux de celle-ci». Le succès du Vélo'V tient à la grande simplicité et à son coût réduit (2). Seul hic pour l'instant : l'approvisionnement des stations peine à suivre et il arrive trop souvent que certaines d'entre elles soient ou vides ou entièrement remplies, ce qui empêche alors d'y déposer l'engin. Pourtant, dès que ces seuils approchent, un signal retentit au central, qui doit envoyer la navette. Mais celle-ci étant dépassée, Decaux vient d'engager un ingénieur chargé d'analyser les mouvements des stations et d'ajuster à terme leur taille.

    Pour l'instant, Vélo'V concerne surtout l'hypercentre. La moitié des 250 000 trajets enregistrés se concentre dans la presqu'île lyonnaise, où la vitesse est limitée à 30 km/h. Des déplacements plutôt fonctionnels puisque la moyenne d'utilisation est de vingt minutes et de 2,8 kilomètres parcourus. «Lorsque le père Decaux est venu me vendre son idée il y a trois ans, on imaginait plutôt un instrument de loisir», raconte Gérard Collomb, président PS du Grand Lyon. L'élu pensait aussi qu'il faudrait «plus de temps pour que ça prenne».

    Lancé avec 1 000 premiers vélos, le réseau se développe en tenant compte des premiers enseignements. Les dernières bicyclettes livrées disposent ainsi de selles mieux conçues : les premières avaient un léger creux au niveau de la raie des fesses qui stockait l'eau dès qu'il pleuvait.

    Fin septembre, Lyon disposera de 1 800 vélos et de 150 stations environ. Puis deux autres tranches de 1 000 vélos seront lancées d'ici à deux ans. A terme, Decaux préférerait des stations moins nombreuses et plus grandes, pour atténuer le casse-tête du réassort. Le Grand Lyon au contraire tient au maillage serré, clé de la réussite, avec une station tous les trois cents mètres environ.

    Showroom. La collectivité s'est plutôt bien sortie jusque-là de ses négociations avec Decaux, qui assure la fourniture et l'entretien des stations et des bicyclettes et lui reverse la recette. L'afficheur s'y retrouve cependant, même si l'opération Vélo'V lui coûte en fonctionnement 1 000 euros par vélo et par an: il a gardé son marché publicitaire dans les Abribus de Lyon. La ville est devenue pour lui un formidable showroom. Decaux veut en effet devenir leader mondial du «vélo urbain intelligent». Compte tenu du succès de Vélo'V, Montpellier, Marseille, Genève et Barcelone sont déjà venus à Lyon visiter le phénomène. Même Amsterdam, capitale du vélo, est venu se renseigner.


    (1) Le Grand Lyon est géré par un président socialiste, Gérard Collomb, avec une majorité d'ouverture.
    (2) L'abonnement coûte 1 euro pour la semaine, 5 euros pour l'année, puis chaque emprunt est facturé 1 euro l'heure, mais la première demi-heure est gratuite (90 % des emprunts sont pour l'instant inférieurs à 30 minutes).

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